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Rapide et écologique ? Une ossature bois, bien sûr !

Récit de construction

Rapide et écologique ? Une ossature bois, bien sûr !

En 2009, Joep Verheijen a troqué Eindhoven, aux Pays-Bas, pour Hamont-Achel. « En Belgique, on dispose d’une liberté architecturale bien plus grande », explique cet architecte néerlandais qui a rénové une charmante petite maison et l’a agrandie au moyen d’une ossature bois préfabriquée.  

À l’extrême nord de la province du Limbourg et tout près de la frontière avec les Pays-Bas, Joep Verheijen a rénové une maison 4 façades de 1960. « À l’époque où la maison a été construite, personne ne parlait encore d’efficacité énergétique », ria Joep Verheijen.
 

L’authenticité et l’emplacement de la bâtisse l’ont immédiatement séduit. « L’habitation a été construite en carré. Il s’agit d’une forme assez simple, mais qui offre une luminosité maximale. Partout où l’on se trouve, la lumière entre, en effet, par deux côtés. Sans compter que l’espace de vie donne sur une forêt. Ce qui renforce encore le contraste intérieur/extérieur. »
 

Conserver cette configuration relevait pourtant de la gageure. « Nous avons dû remplacer de nombreux éléments. Des fenêtres ont été murées, tandis que d’autres étaient créées. Le sol de la cuisine et de la pièce de vie a été entièrement renouvelé, de même que l’électricité et la plomberie. »

En tel cas, il peut sembler plus simple de tout démolir et de reconstruire. Las ! La législation l’empêchait. Pas de problème pour le commanditaire de l’ouvrage, justement désireux de conserver le charme originel (et original) de l’endroit ! Un vœu qui n’eut évidemment pu être exaucé avec une nouvelle construction…

La législation actuelle en matière de TVA pour les travaux de rénovation est, selon Marc Ceelen, une aberration. Alors qu’on ne paie encore que 6 % de TVA pour la rénovation d’une habitation privée de 10 ans ou plus, on déboursera 21 % de TVA pour détruire le même logis et le rebâtir… sauf dans quelques villes belges !

« Plus de la moitié des habitations sont anciennes et tout sauf écologiques. Le gouvernement doit étendre la règle des 6 % à toutes les villes et communes. C’est la seule solution pour se débarrasser de toutes ces vieilleries et pour laisser à l’efficacité énergétique une vraie chance de s’imposer. »

La parole à l'entrepreneur

Les panneaux que nous utilisons -Fermacell de 18 mm- ne sont constitués que de produits naturels. Nous avons opté pour du bois KVH, classe C24, avec un taux d’humidité entre 13 et 18 %. Notre fabriquant arbore, par ailleurs, le label EOTA, garant d’une qualité optimale. Au final, l’annexe affichera une valeur U de 0,140 m²K/W. Ce qui est un excellent score, supérieur à celui des constructions passives !

Marc Ceelen

Aussitôt dit, aussitôt fait !


En parallèle à la rénovation de la maison d’origine, le propriétaire construisit une annexe en ossature bois préfabriquée. Pour ce projet, il a fit appel à un entrepreneur local, Marc Ceelen, un homme particulièrement féru de cette technique. Joep Verheijen n’a pas caché son admiration pour cette approche : « La vitesse de construction est incroyable. En deux jours seulement, la structure était en place. » Et Marc Ceelen d’embrayer avec fierté : « Qui plus est, le bois est un matériau naturellement écologique. »

 

En deux jours seulement, la structure était en place ! La vitesse de construction et les bonnes performances énergétiques d’une ossature bois ont, on l’aura compris, joué un rôle essentiel dans la décision de notre hôte.

Combiner… ça rapporte ! 


Pour l’isolation, notre duo a opté pour du polystyrène expansé de couleur grise. Ce matériau -à distinguer de sa variante blanche- est très prisé pour ses excellentes performances thermiques. « Il nous permet de satisfaire, dès cette année, aux nouvelles exigences en ce qui concerne la valeur R », poursuit Marc Ceelen. Pour l’isolation de l’annexe, Joep Verheijen n’a pas touché la plus infime prime.

Les fenêtres ont, à leur tour, été remplacées, simultanément à l’isolation de la façade. Celles de l’annexe offrent désormais au regard des châssis en aluminium, parfaitement intégrés dans la boiserie. Un détail esthétique qui fait son petit effet ! Cette combinaison isolation-vitrages permet à celui qui en rêvait de prétendre à la prime combinée.

« La prime pour l’isolation des murs reste inchangée, tandis que celle pour les vitrages augmente considérablement. Via Infrax, j’ai reçu la somme de 4.289,70 € pour le double vitrage et l’isolation des sols et murs. À cette somme, s’ajoutent encore les 541,86 € de la commune. »

J’ai récupéré un total de 4831,56 €. Il est donc très avantageux de combiner. 

Notre interlocuteur initial estime qu’il entrera dans la maison à la mi-mars. « Tout va très vite, surtout quand on sait que les travaux ont commencé en septembre de l’année dernière. » Quant à savoir s’il est heureux : « Je ne manquerai pas de vous faire savoir comment je me sens dans ma maison en bois », conclut-il, un ample sourire aux lèvres.


Prendre la question à bras-le-corps



Le Flamand moyen se montre plutôt frileux en termes de construction écologique, estime Marc Ceelen. Pourquoi ? « En général, les gens ne sont pas assez informés. Ils craignent de devoir payer plus pour un confort moindre. Mais ils ont tort. »


Quant à ceux qui franchissent quand même le pas, ils ne vont généralement pas assez loin. « Je considère de mon devoir de prendre la question à bras-le-corps dès le départ. Rénover en surpassant les obligations légales actuelles, ça paie. Car en 2050, toutes les habitations devront avoir été rénovées de manière écologique. »